THE ROLLING STONES
L'histoire du plus grand groupe de rock du monde commence de la manière la plus banale qui soit, par l'amitié de deux lycéens, plus branchés sur le rhythm'n'blues que sur les mathématiques...
Michael Philip Jagger et Keith Richards (nés en 1943 à Dartford) passent leur temps à écouter Chuck Berry, Muddy Waters et Bo Diddley, en ce début des années 60 où le monde change à grand pas. Conduits par le bassiste Dick Taylor, ils montent les Roliing Stones avec Brian Jones à la guitare, Ian Stewart au piano et Tony Chapman à la batterie.
Leurs premiers exploits (un gros bues-rock teigneux, à base de reprises) arrive vite jusqu'aux oreilles d'Alexis Korner (grand manitou du British Blues Boom), qui organise le 21 juillet 1962 leur premier concert à Londres, au légendaire Marquee. A la fin de la même année, un premier changement de line up voit l'arrivée du bassiste Bill Wyman, à la place de Dick Taylor. Côté batterie, les prétendants se succèdent. Carlo Little (des sauvages), puis Mick Avory (futur Kinks) prennent un temps de baguettes avant de laisser la place à Charlie Watts en janvier 1963. Pendant ce temps, Ian Stewart passe au second plan pas assez photogénique !). Le plus grand groupe du monde, première version, est désormais au grand complet. Tout va aller trés vite : concert aprés concert, les Rolling Stones se taillent une solide réputation de groupe de scène pour devenir une petite attraction dans le Swinging London. Ce bruit attire le trés influent Andrew Loog Oldham qui, sentant la bonne affaire, s'empresse de leur faire enregistrer leurs premiers titre pour Decca, et les lancer dans une tournée anglaise en première partie des Everly Brothers, Little Richard, Gene Vincent et, Bo Diddley.Début 1964, quand sort leur premier album, sans titre, en Angleterre, (England's Newest Hit Makers aut Etats-Unis), les jeunes anglais et anglaise se prennent de passion pour ce groupe iconoclaste et énervé, pour ces rockers aux cheveux franchement longs pour l'époque, et en particulier pour le jeu trés sexy et ambigu d'un chanteur lippu, terriblement sensuel...
Aprés une première tournée au Etats-Unis, les Stones décrochent leur premier hit single au royaume d'Albion avec '' It's All Over Now'', reprise de Valentinos, pendant qu'une odeur de souffre commence à entourer le groupe le plus chaud du moment, seul gang sur l'île à tenir la dragée aux Beatles : émeutes dans les concerts, scènes hystériques de jeune filles en émoi, passage télé mouvementés... Les Rolling Stones effrayent quelque peu la bonne socièté anglaise pour s'affirmer comme de vrais mauvais garçons... De vrais rockers, en somme !
Et ça n'est pas '' Little Red Rooster '', blues bien poisseux assaisonné de la slide de Brian Jones, qui calme le jeu en cette fin d'année où les dés sont jetés.
1965 est alors l'année tu triomphe, où Mick Jagger et ses '' pierres qui roulent '' casent dans les charts trois chefs-d'oeuvre, des classiques qui appartiennnent aujourd'hui au patrimoine de la musique populaire : '' The last time '', '' (I can't get no) Satisfaction '', puis '' Get off of my cloud ". La même année, le groupe signe deux albums : Rolling Stones N°2, et Out of our heads. Plus la pression semble monter autour des Stones, et plus ces jeunes anglais en colère multiplient les exploits.
En 1966, Aftermath pousse un peu plus encore le bouchon, révélant un groupe mature, capable de composer de sublimes ballades '' Lady Jane '', de se lancée dans des envolées lyrique '' Paint It Black '', comme de défriser un pays tout entier '' Mother's Little Helper ''. Les Rolling Stones sont le groupe par qui le scandale arrive, les mauvais garçons qui mettent l'Angleterre et l'Europe à feu et à sang. En 1967, alors que l'album Between the buttons fait rougir de plaisir tous les rockers en herbe ('' Let's spend the night together '' fait un carton et, le refrain un scandale, Jagger et Richards, puis Jones, ont des problèmes avec la justice pour des histoires de drogues et fond les gros titres des journaux... Ce qui n'empèche pas nos stars de sortir durant l'été un nouveau monument...
Un an plus tard, Beggars Banquet débarque comme une bombe. '' Sympathy for the devil '' fait des Rolling Stones un groupe plus vénéreux que jamais pendant que '' Street fighting man '' (inspiré des émeutes de mai 68 au Quartier latin), devint l'hymne de toute une génération de rebelles.
Ces campagnes napoléoniennes, menées à la hurssade et ponctuées d'excés en tout genres, menacent cependant l'équilibre du groupe. Rien ne va plus entre Mick Jagger et Brian Jones. Les choses ne se passent guère mieux entre l'ange blond des Stones et Keith Richards, qui se disputent une Anita Pallenberg belle à faire se damner un saint. La crise prend une telle ampleur qu'en juin 1969, Brian Jone qui officiellement le groupe. Quelques jours aprés, on retrouvera son corps, entre deux eaux, dans la piscine de sa proprièté du Sussex... Pour tous les fans, le coup est terrible. Lors d'un concert gratuit à Hyde Park, les Rolling Stones rendent un vibrant hommage à celui qui fut durant plusieurs années un des pilliers (et co-fondateur) du groupe. Un ressort s'est cassé. Une époque se termine. Si l'avenir promet de bien plus gros triomphes, rien ne sera plus comme avant.
Les Rolling Stones, jeunes rebelles désormais plongés dans l'âge adulte, n'auront plus qu'a cueillir les fruits de cette décade prodigieuse durant laquelle ils auront révolutionné le rock de fond en comble...